Voila un an que jour pour jour, elle a accepté Son collier d’abord virtuel . Un an que grâce à Sa patience, elle a finit par oublier ses craintes et ses peurs. Cela fait maintenant trois mois qu’elle se ressource lorsque Son Seigneur et Maitre la convoque. Tant de choses se sont passées depuis douze mois qu’elle se plonge avec délices dans un tourbillon sans fonds. L’avenir se profile, rassurant, et inquiétant en même temps. Si sans Lui, elle se pose encore des tas de questions, Sa présence la rassure et lui fait oublier ses tourments.

Alors qu’Il s’affaire à préparer ses instruments de châtiment, elle se revoit, petite soumise en devenir et tremblante, frapper à la porte de cette chambre d’hôtel. Cette séance sera très différente de ce que fût sa première rencontre mais elle sait qu’elle sera toujours aussi intense en émotions multiples.

Elle se demande si en cet instant, Il repense à cette première fois ? Comment savoir ? Devant elle, les objets prennent forme avant de prendre vie. Elle voit mais elle ne sait pas ce qu’Il va utiliser ni dans quel ordre. Elle devine simplement qu’Il essayera son nouveau jouet. La nouvelle cravache qu’elle vient de lui offrir en reconnaissance totale de sa soumission.

La musique très différente de l’an passé se fait plus lente. L’ambiance aussi. Le feu crépite dans l’âtre et diffuse une chaleur qui l’imprègne. Il la lève, la déshabille. C’est son plaisir. Et malgré le rituel établi, elle craint toujours de se montrer nue devant Lui. Il lui ôte son collier pour le remplacer par celui qu’Il lui a offert la première fois. Il la conduit devant le foyer qui crépite. Elle se laisse mener, tranquille et sereine. Ses genoux tremblent un peu lorsqu’elle se met à quatre pattes et qu’Il la menotte aux poignets. Immobilisée, le bandeau sur les yeux et le mors dans la bouche, elle retrouve la magie qui l’avait fait vibrer autrefois. Peu à peu, elle s’abandonne sous Ses caresses. Ses seins se mettent à pointer sous Ses mains sensuelles. Elles les palpent, les soupèsent, les enserrent. Elle ne proteste pas quand les pinces se reclapent sur les tétons. A peine tressaille-t-elle sous leurs morsures. Elle aime ça et en redemande. Sa chair apprécie. Il se trémousse sous leur sensualité et sous les coups qui pleuvent sur son dos et ses fesses. Son esprit est ailleurs, plongé dans des abysses insondables. Elle gémit de douleur et de plaisir dans la douleur. Son âme ne lui appartient plus. Elle aimerait pouvoir se dédoubler, s’observer et surtout le regarder Lui quand il use ainsi de son corps. A quoi pense-t-il à ce moment-là ? Elle voudrait pouvoir le sonder et lire ses pensées. Mais si ces idées l’effleurent, elle revient vite à sa condition d’esclave, perdue et désorientée. Le temps s’est comme arrêté. Elle vit dans une bulle où rien d’autre ne compte et encore moins les impératifs d’horaires serrés. Elle commence à perdre le contrôle, d’elle-même. Les pinces mordent ses lèvres. Elle se sent bien. Tellement bien, qu’elle est un peu surprise que la punition commence à cet instant précis.

Si elle avait eu des frissons, la bougie se charge de la réchauffer. La lave coule doucement, par petites gouttes disparates. Il lui laisse à peine le temps de se remettre que la cire déjà, reprend son action. Elle ressent juste la petite brûlure dès qu’elle atteint son dos puis l’instant d’après des chatouillements. Elle ne sait pas ce qu’elle préfère, de l’aiguillon au chatouillis. Elle imagine le dessin qui se forme petit à petit.

Elle ne peut pas compter les coups. Elle est bâillonnée. Elle sait simplement qu’il y en aura 25. Le châtiment sera moins dur que la dernière fois, les fautes étant moins graves. Elle l’accepte avec une telle dévotion qu’elle ne se reconnaît plus. Mentalement, elle compte. Il frappe par dizaine. Elle a beau creuser, elle ne reconnaît pas les instruments qui l’assaillent. Et quand Il s’arrête au solde, Il lui en octroie cinq de plus. Que ne ferait-elle pas pour se faire caresser ? Son sexe a chaud. Elle brûle d’envie, de désirs. Mais si les doigts experts la fouillent, elle sait que l’heure n’est pas encore à la jouissance. Alors que la fin de la pénitence lui cause toujours une sensation de chute, étourdie, elle se sent cotonneuse et aspire à du repos. Mais Son Maitre ne l’entend pas de cette oreille. Il n’en a pas encore terminé avec elle. Avec une précaution infinie, Il la relève, et la dresse contre l’âtre tout près des flammes. Une délicieuse chaleur s’empare d’elle. Les mains contre la cheminée, les flammèches crépitent. Elle en ressentirait presque les leur mordant tant elle est proche de l’âtre. Les pinces se détachent. Quelques coups agrémentés de caresses achèvent de la réchauffer. La chaleur devient de plus en plus intense, un peu trop peut-être. Elle s’en écarte mais bien vite Il la reprend et la repositionne devant le feu. A l’aide du couteau, il lui enlève les résidus de bougie. La lame lui donne des frissons. Elle respire, se détend. Il retire les pinces doucement cette fois. Elle les sent à peine.

L’heure de la délivrence, elle est repue, heureuse, sublimée. A ces pieds elle s’étalle, esclave épanouie. Son seigneur et maître une fois de plus a su lire dans ses désirs les plus profonds.

Loryne.